attentat a la bombe

En tant que reporter, je ne fais que rapporter les faits en image, des images qui vont devenir des archives que personne ne consultera. Dans la soirée du 56ème anniversaire de l'Indépendance malagasy, célébrée en pompe le 26 juin 2016, une explosion s'est produite durant le spectacle populaire traditionnel à Mahamasina. D'abord passé inaperçu parmi les bruits de pétards, la vue des victimes qui tombaient comme des mouches a engendré la panique, les pétards étant maintenant des coups de feux.

Bilan officiel : deux décès, 91 blessés. Rumeurs : une dizaine de mort et des centaines de blessés. Comble du comble, les auteurs présumés seraient directement liés aux victimes, d'où les perquisitions aux domiciles des familles de ces dernières car aucune piste n'est à écarter  afin d'éventuellement faire appliquer la "peine la plus sévère imaginable". 

250€ par famille des victimes comme indemnité, prise en charge totale des frais de soins par les autorités, aides volontaires par-ci, indignation par-là. Le patriotisme, la xénophobie, la théorie du complot se propagent dans les média et sur les réseaux sociaux. Mais il n'a fallu qu'un ananas pour calmer les moeurs, puis un code de communication pour faire oublier totalement que des vies innoncentes ont été décimées il y a moins d'une semaine. Sensationnalisme ou tendance du jour, tous se mettront d'accord pour dire que "la vie continue", car cela n'arrive qu'aux autres.